J’avais lu il y a quelques temps un article de Natacha Birds sur sa seconde grossesse. Elle commençait son article par une sublime phrase d’Anna Gavalda que je trouve absolument véridique.

Regardez une femme enceinte : vous croyez qu’elle traverse la rue, qu’elle travaille ou même qu’elle vous parle. C’est faux. Elle pense à son bébé.

Évidemment, la citation n’est pas anodine. Elle me parle, me transperce. Vous l’avez compris, c’est que je ne suis pas toute seule. Nous sommes deux depuis plusieurs mois. Un peu plus de 8 mois pour être précise, car il faut toujours être précise quand on attend un enfant. Tout un vocabulaire se met en place, on compte sa grossesse en semaine d’aménorrhée ou en semaine de grossesse*. Et ne t’avise pas de te tromper malheureuse ! Le gang des super mamans pourraient alors te prendre pour une future mère indigne.

*Pour les moldus, les semaines d’aménorrhée se comptent depuis les dates des dernières règles ; quant aux semaines de grossesse, elles ne comprennent que les semaines depuis la date présumée de conception. Il y a donc un écart de quinze jours entre les deux. Mais on est pas à un poil de cul.

Bébé qui suce son petit pouce dans mon bidou

On dit beaucoup que la grossesse est un moment merveilleux dans la vie d’une femme. Pour beaucoup, il s’agit d’un accomplissement suprême. Comme si la condition de femme était intimement liée au fait de donner la vie. C’est d’ailleurs en tombant enceinte que je me suis vraiment posée la question de l’impact que ça avait sur ma vie : ai-je réussi ma vie parce que je vais devenir mère ? Est-ce une étape inéluctable dans ma vie de femme ?

Pendant très longtemps, je n’ai pas eu envie d’être mère. Je voyais d’ailleurs le fait de fonder une famille comme étant la fin d’une vie. Adieu les fêtes, les voyages, la liberté de faire ce que l’on veut quand on le veut. Et puis, je ne me sentais pas capable d’être ce roc, ce pilier dans la vie de quelqu’un. Pour moi, je n’avais pas à offrir ce qu’une mère est censée offrir à son enfant : de l’amour, du temps, de l’investissement, de l’intérêt… Je n’avais pas cet instinct maternel, je ne trouvais pas les bébés beaux ou intéressants, bien au contraire.

Alors comment suis-je passée de cet état à aujourd’hui ? Je crois que le changement fondamental de ma vie a été une rencontre. Une seule. Je parle évidemment de la rencontre avec mon amoureux. À lui seul, il a bouleversé ma vie. De toutes les manières dont on peut bouleverser une vie. Ça non plus, je ne pensais pas que ça pouvait être possible. En cinq ans, ma vision de la vie a changé car ma vie avait changé. Il ne s’agissait plus uniquement de moi mais de nous. Et, petit à petit, ces choses qui me paraissaient inconcevables me sont devenues attrayantes. J’étais curieuse de vivre à deux, de créer un petit nid d’amour, et puis, à ma plus grande surprise (et à celle de mon entourage aussi d’ailleurs) à penser au mariage, aux bébés. J’ai ressenti ce besoin intense et indescriptible de lier ma vie à la sienne. Je voulais que nous ne fassions plus qu’un.

Alors ai-je cédé à la pression de la société ? Ai-je suivi, malgré moi, le chemin tout tracé que doit vivre une femme ? Je ne le pense pas. Tout simplement parce qu’il s’agit de mon choix. Contrairement à toutes les femmes qui ont traversé les siècles, dont l’unique but dans la vie était de donner une descendance à leurs maris. Elles n’étaient qu’un objet, jetées si elles ne convenaient pas ou si elles n’apportaient pas de satisfaction. Cette vision de la femme est encore présente dans certaines régions du monde, bien tristement. Réjouissons-nous de vivre dans un pays où nous avons encore la chance de choisir. Choisir de devenir mère ou bien de ne pas l’être. Être libre de décider de notre corps et de ne pas être jugée à ce sujet.

Sur cette note, je pars me dandiner comme une baleine.

À très vite,

Meghara

3 thoughts on “Quand deux deviennent trois”

  1. Très contente que tu ouvres ce blog !! Et évidemment je te trouve ton article super. La citation d’Anna Gavalda est tellement vraie. Je me faisais d’ailleurs la réflexion l’autre jour. Je me disais « mais en fait, la seule chose à laquelle je pense depuis quelques mois, c’est à ce petit être qui grandit en moi. Rien d’autre ». C’est dingue comme la vision du monde change tout d’un coup. Hâte de te lire à nouveau, je suis certaine que ton blog sera très inspirant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *