Le Honne et Tatemae au Japon

Honne et Tatemae sont deux concepts fondamentaux dans la culture japonaise, ces mots japonais qui décrivent le contraste entre les véritables sentiments et désirs d’une personne. Dit autrement, ce qui différencie l’être du paraître.

En effet, le Honne se réfère aux vraies intentions, désirs, et sentiments d’une personne, ce qu’elle pense vraiment en son for intérieur. Ce terme peut être traduit littéralement par « vrai son » ou « véritable voix ».

Le Tatemae, en contraste, désigne la façade ou le comportement que l’individu adopte en public, souvent pour se conformer aux attentes sociales ou pour éviter les conflits. Ce terme peut être traduit par « construire devant » ou « façade ».

Ces concepts sont particulièrement importants au Japon en raison de la valeur accordée à l’harmonie sociale et à la prévention des conflits. Le Tatemae est souvent utilisé pour maintenir la paix et l’ordre dans les interactions sociales, tandis que le Honne est généralement réservé aux personnes très proches, comme la famille ou les amis intimes.

Par exemple, dans le milieu professionnel, les employés peuvent utiliser le Tatemae pour exprimer leur accord avec un supérieur ou pour maintenir l’harmonie au sein de l’équipe, même s’ils ont des opinions différentes ou des réserves qu’ils gardent pour eux (Honne).

De même, les 2 concepts peuvent s’exprimer dans la communication non verbale : Les Japonais peuvent utiliser des expressions faciales ou des gestes pour communiquer des sentiments qu’ils ne peuvent pas exprimer ouvertement (Tatemae), tandis que leurs véritables sentiments (Honne) peuvent être devinés par ceux qui les connaissent bien.

Ces exemples illustrent comment le Honne et le Tatemae jouent un rôle crucial dans la navigation des normes sociales et la préservation de l’harmonie au sein de la société japonaise.

Wabi-Sabi et l’art du Kintsugi

Wabi-sabi est une expression japonaise désignant un concept esthétique, ou une disposition spirituelle.
Pour la comprendre, il faut d’abord se référer à ses 2 composants :

  • Le wabi fait référence à la plénitude et la modestie que l’on peut éprouver face aux phénomènes naturels,
  • Le sabi quant à lui, fait référence à la sensation face aux choses dans lesquelles on peut déceler le travail du temps ou des hommes.

Ainsi, le Wabi-sabi trouve la beauté dans l’imperfection, l’humilité et l’éphémère. Il célèbre la simplicité, la modestie et la patine du temps, il encourage à apprécier les choses telles qu’elles sont, avec leurs défauts et leur caractère unique.

C’est une philosophie qui valorise la simplicité, la rusticité et la sobriété, en opposition à la recherche de la perfection et de l’opulence.
On le retrouve souvent dans les arts, la décoration intérieure, la cuisine, et même dans la manière de vivre.

Les bols anciens, abîmés et réparés selon la technique du kintsugi, sont particulièrement prisés avec leurs cicatrices recouvertes d’or où l’imperfection est mise en valeur.

Ainsi, l’art du kintsugi, qui consiste à souligner d’or les failles d’un objet cassé au lieu de les masquer, s’inscrit dans le courant du wabi-sabi, en ne cherchant pas à masquer les imperfections mais au contraire, en invitant à admirer l’imperfection des fêlures de l’objet et en assumant pleinement que ces imperfections embellissent l’objet.

L’art du kintsugi a une symbolique forte, il est souvent utilisé comme métaphore de la résilience en psychologie : nos blessures nous embellissent.

Practice, Practice, Practice !

Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi, s’est un jour demandé : qu’ont en commun les gens qui réussissent dans la vie?

Pour y répondre, il mena une étude dans les 1970, en interrogeant différentes personnes qui semblaient recevoir beaucoup de la vie, que ce soit dans leur travail ou leurs activités de loisirs, non seulement des professionnels de la création tels que artistes et musiciens, mais des gens de tous les horizons, y compris chirurgiens et chefs d’entreprise, et ceux qui ont trouvé satisfaction dans activités telles que les sports et les jeux.

Il constata que tout ces personnes décrivaient une situation similaire : Lorsqu’ils étaient totalement engagés dans une activité qui leur plaisait, ils ont tous rapporté parvenir à un état d’esprit sans sentiment de soi, dans lequel les choses se produisent automatiquement, ils se sentent impliqués, concentrés, absorbés.

Dans cet état, les personnes savent ce qu’il faut faire et reçoivent un retour immédiat sur à quel point les choses sont bien faites : Un musicien sait instantanément si les notes qu’il joue le son comme il se doit ; un joueur de tennis sait si la balle qu’il a frappé atteindra sa destination, un enseignant sait si son explication atteindra son auditoire.

Cet état se nomme le « flow » et il contient six aspects qui l’entourent :

  • concentration intense focalisée sur le moment présent ;
  • disparition de la distance entre le sujet et l’objet ;
  • perte du sentiment de conscience de soi ;
  • sensation de contrôle et de puissance sur l’activité ou la situation ;
  • distorsion de la perception du temps ;
  • l’activité est autotélique : elle se suffit à elle même et elle est en soi source de satisfaction.
D’après Mihály, pour expérimenter l’état de flow, il faut s’engager dans une activité qu’on aime, qui soit ni trop facile ni trop difficile. (Source The Psychology Book: Big Ideas Simply Explained)

Si un jour, concentré sur une tache vous en oubliez de manger et de dormir, sachez que vous étiez en état de flow !